—Profitez-en, Paganel.

—Venez avec moi, major. Viens aussi, Robert. J’ai besoin de témoins.»

Et Paganel, laissant ses compagnons marcher en avant, se dirigea, suivi de Robert Grant et du major, vers la troupe des phénicoptères.

Arrivé à bonne portée, il tira un coup de fusil à poudre, car il n’aurait pas versé inutilement le sang d’un oiseau, et tous les flamants de s’envoler d’un commun accord, pendant que Paganel les observait attentivement à travers ses lunettes.

«Eh bien, dit-il au major quand la troupe eut disparu, les avez-vous vus voler?

—Oui certes, répondit Mac Nabbs, et, à moins d’être aveugle, on ne pouvait faire moins.

—Avez-vous trouvé qu’en volant ils ressemblaient à des flèches empennées?

—Pas le moins du monde.

—Pas du tout, ajouta Robert.

—J’en étais sûr! reprit le savant d’un air de satisfaction. Cela n’a pas empêché le plus orgueilleux des gens modestes, mon illustre compatriote Chateaubriand, d’avoir fait cette comparaison inexacte entre les flamants et les flèches! Ah! Robert, la comparaison, vois-tu bien, c’est la plus dangereuse figure de rhétorique que je connaisse. Défie-t’en toute la vie, et ne l’emploie qu’à la dernière extrémité.