Heureusement, car, ce refuge manqué, toute chance de salut s’évanouissait, et il fallait périr dans les flots.
L’eau s’élevait jusqu’au sommet du tronc, à l’endroit où les branches mères prenaient naissance.
Il fut donc facile de s’y accrocher. Thalcave, abandonnant son cheval et hissant Robert, grimpa le premier, et bientôt ses bras puissants eurent mis en lieu sûr les nageurs épuisés. Mais Thaouka, entraîné par le courant, s’éloignait rapidement.
Il tournait vers son maître sa tête intelligente, et, secouant sa longue crinière, il l’appelait en hennissant.
«Tu l’abandonnes! dit Paganel à Thalcave.
—Moi!» s’écria l’indien.
Et, plongeant dans les eaux torrentueuses, il reparut à dix brasses de l’arbre. Quelques instants après, son bras s’appuyait au cou de Thaouka, et cheval et cavalier dérivaient ensemble vers le brumeux horizon du nord.
Chapitre XXIII Où l’on mène la vie des oiseaux
L’arbre sur lequel Glenarvan et ses compagnons venaient de trouver refuge ressemblait à un noyer.
Il en avait le feuillage luisant et la forme arrondie.