—Allons, répondit le géographe, le voyage est facile. En quittant la baie Twofold, on traverse le bras de mer qui s’étend à l’est de l’Australie et on rencontre la Nouvelle Zélande. Tout d’abord, je vous rappellerai que le mot contin du document français indique un «continent» d’une façon irréfragable. Le capitaine Grant ne peut donc avoir trouvé refuge sur la Nouvelle Zélande qui n’est qu’une île. Quoi qu’il en soit, examinez, comparez, retournez les mots, et voyez si, par impossible, ils pourraient convenir à cette nouvelle contrée.

—En aucune façon, répondit John Mangles, qui fit une minutieuse observation des documents et du planisphère.

—Non, dirent les auditeurs de Paganel et le major lui-même, non, il ne peut s’agir de la Nouvelle Zélande.

—Maintenant, reprit le géographe, sur tout cet immense espace qui sépare cette grande île de la côte américaine, le trente-septième parallèle ne traverse qu’un îlot aride et désert.

—Qui se nomme?… Demanda le major.

—Voyez la carte. C’est Maria-Thérésa, nom dont je ne trouve aucune trace dans les trois documents.

—Aucune, répondit Glenarvan.

—Je vous laisse donc, mes amis, à décider si toutes les probabilités, pour ne pas dire les certitudes, ne sont point en faveur du continent australien?

—Évidemment, répondirent à l’unanimité les passagers et le capitaine du Duncan.

—John, dit alors Glenarvan, vous avez des vivres et du charbon en suffisante quantité?