«Un homme intelligent, cet Ayrton, dit Paganel au major.

—Trop intelligent!» murmura Mac Nabbs, à qui, sans apparence de raison, il faut bien le dire, la figure et les manières du quartier-maître ne revenaient pas.

Pendant le dîner, Ayrton donna d’intéressants détails sur le continent australien, qu’il connaissait parfaitement. Il s’informa du nombre de matelots que lord Glenarvan emmenait dans son expédition.

Lorsqu’il apprit que deux d’entre eux seulement, Mulrady et Wilson, devaient l’accompagner, il parut étonné. Il engagea Glenarvan à former sa troupe des meilleurs marins du Duncan. Il insista même à cet égard, insistance qui, soit dit en passant, dut effacer tout soupçon de l’esprit du major.

«Mais, dit Glenarvan, notre voyage à travers l’Australie méridionale n’offre aucun danger?

—Aucun, se hâta de répondre Ayrton.

—Eh bien, laissons à bord le plus de monde possible. Il faut des hommes pour manœuvrer le Duncan à la voile, et pour le réparer. Il importe, avant tout, qu’il se trouve exactement au rendez-vous qui lui sera ultérieurement assigné. Donc, ne diminuons pas son équipage.»

Ayrton parut comprendre l’observation de lord Glenarvan et n’insista plus.

Le soir venu, écossais et irlandais se séparèrent.

Ayrton et la famille de Paddy O’Moore retournèrent à leur habitation. Chevaux et chariot devaient être prêts pour le lendemain. Le départ fut fixé à huit heures du matin.