—Et dans ce train, tu ne connaissais personne?

—Personne, monsieur, mais Dieu veille sur les enfants et ne les abandonne jamais!»

Toliné disait ces choses d’une voix douce, qui allait au cœur. Quand il parlait de Dieu, sa parole devenait plus grave, ses yeux s’allumaient, et l’on sentait toute la ferveur contenue dans cette jeune âme.

Cet enthousiasme religieux dans un âge si tendre s’expliquera facilement. Cet enfant était un de ces jeunes indigènes baptisés par les missionnaires anglais, et élevés par eux dans les pratiques austères de la religion méthodiste. Ses réponses calmes, sa tenue propre, son costume sombre lui donnaient déjà l’air d’un petit révérend.

Mais où allait-il ainsi à travers ces régions désertes, et pourquoi avait-il quitté Camden-Bridge?

Lady Helena l’interrogea à ce sujet.

«Je retournais à ma tribu, dans le Lachlan, répondit-il. Je veux revoir ma famille.

—Des australiens? demanda John Mangles.

—Des australiens du Lachlan, répondit Toliné.

—Et tu as un père, une mère? dit Robert Grant.