—Le gouverneur Johnson! s’écria Paganel, ce successeur du grand et bon Lincoln assassiné par un fou fanatique de l’esclavage! Parfait! on ne peut mieux. Et quant à l’Amérique du Sud, avec sa Guyane, ses Malouines, son archipel des Shetland, sa Géorgie, sa Jamaïque, sa Trinidad, etc., etc., elle appartient encore aux anglais! Ce n’est pas moi qui disputerai à ce sujet. Mais, par exemple, Toliné, je voudrais bien connaître ton opinion sur l’Europe, ou plutôt celle de tes professeurs?

—L’Europe? répondit Toliné, qui ne comprenait rien à l’animation du géographe.

—Oui! L’Europe! à qui appartient l’Europe?

—Mais l’Europe appartient aux anglais, répondit l’enfant d’un ton convaincu.

—Je m’en doute bien, reprit Paganel. Mais comment? Voilà ce que je désire savoir.

—Par l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande, Malte, les îles Jersey et Guernesey, les îles Ioniennes, les Hébrides, les Shetland, les Orcades…

—Bien! Bien, Toliné, mais il y a d’autres états que tu oublies de mentionner, mon garçon!

—Lesquels? Monsieur, répondit l’enfant, qui ne se déconcertait pas.

—L’Espagne, la Russie, l’Autriche, la Prusse, la France?

—Ce sont des provinces et non des états, dit Toliné.