—Par exemple! s’écria Paganel, en arrachant ses lunettes de ses yeux.

—Sans doute, l’Espagne, capitale Gibraltar.

—Admirable! Parfait! Sublime! Et la France, car je suis français et je ne serais pas fâché d’apprendre à qui j’appartiens!

—La France, répondit tranquillement Toliné, c’est une province anglaise, chef-lieu Calais.

—Calais! s’écria Paganel. Comment! Tu crois que Calais appartient encore à l’Angleterre?

—Sans doute.

—Et que c’est le chef-lieu de la France?

—Oui, monsieur, et c’est là que réside le gouverneur, lord
Napoléon…»

À ces derniers mots, Paganel éclata. Toliné ne savait que penser. On l’avait interrogé, il avait répondu de son mieux. Mais la singularité de ses réponses ne pouvait lui être imputée; il ne la soupçonnait même pas. Cependant, il ne paraissait point déconcerté, et il attendait gravement la fin de ces incompréhensibles ébats.

«Vous le voyez, dit en riant le major à Paganel. N’avais-je pas raison de prétendre que l’élève Toliné vous en remontrerait?