—Où est Mac Nabbs? demanda Glenarvan.
—Près de lui. Mulrady a voulu l’entretenir. Il ne faut pas les troubler.»
Effectivement, depuis une heure, le blessé était sorti de son assoupissement, et la fièvre avait diminué.
Mais le premier soin de Mulrady, en reprenant le souvenir et la parole fut de demander lord Glenarvan, ou, à son défaut, le major. Mac Nabbs, le voyant si faible, voulait lui interdire toute conversation; mais Mulrady insista avec une telle énergie que le major dut se rendre.
Or, l’entretien durait déjà depuis quelques minutes, quand
Glenarvan revint. Il n’y avait plus qu’à attendre le rapport de
Mac Nabbs.
Bientôt, les rideaux du chariot s’agitèrent et le major parut. Il rejoignit ses amis au pied d’un gommier, où la tente avait été dressée. Son visage, si froid d’ordinaire, accusait une grave préoccupation.
Lorsque ses regards s’arrêtèrent sur lady Helena, sur la jeune fille, ils exprimèrent une douloureuse tristesse.
Glenarvan l’interrogea, et voici en substance ce que le major venait d’apprendre.
En quittant le campement, Mulrady suivit un des sentiers indiqués par Paganel. Il se hâtait, autant du moins que le permettait l’obscurité de la nuit.
D’après son estime, il avait franchi une distance de deux milles environ, quand plusieurs hommes, —cinq, croit-il, —se jetèrent à la tête de son cheval. L’animal se cabra. Mulrady saisit son revolver et fit feu. Il lui parut que deux des assaillants tombaient. À la lueur de la détonation, il reconnut Ben Joyce. Mais ce fut tout. Il n’eut pas le temps de décharger entièrement son arme. Un coup violent lui fut porté au côté droit, et le renversa.