Cependant, il n’avait pas encore perdu connaissance.
Les meurtriers le croyaient mort. Il sentit qu’on le fouillait.
Puis, ces paroles furent prononcées:
«J’ai la lettre, dit un des convicts. —donne, répondit Ben
Joyce, et maintenant le Duncan est à nous!»
À cet endroit du récit de Mac Nabbs, Glenarvan ne put retenir un cri.
Mac Nabbs continua:
«À présent, vous autres, reprit Ben Joyce, attrapez le cheval. Dans deux jours, je serai à bord du Duncan; dans six, à la baie Twofold. C’est là le rendez-vous. La troupe du mylord sera encore embourbée dans les marais de la Snowy. Passez la rivière au pont de Kemple-Pier, gagnez la côte, et attendez-moi. Je trouverai bien le moyen de vous introduire à bord. Une fois l’équipage à la mer, avec un navire comme le Duncan, nous serons les maîtres de l’océan Indien. —hurrah pour Ben Joyce!» s’écrièrent les convicts. Le cheval de Mulrady fut amené, et Ben Joyce disparut au galop par la route de Lucknow, pendant que la bande gagnait au sud-est la Snowy-river. Mulrady, quoique grièvement blessé, eut la force de se traîner jusqu’à trois cents pas du campement où nous l’avons recueilli presque mort.
Voilà, dit Mac Nabbs, l’histoire de Mulrady. Vous comprenez maintenant pourquoi le courageux matelot tenait tant à parler.»
Cette révélation terrifia Glenarvan et les siens.
«Pirates! Pirates! s’écria Glenarvan. Mon équipage massacré! Mon Duncan aux mains de ces bandits!
—Oui! Car Ben Joyce surprendra le navire, répondit le major, et alors…