Ce fut une triste exploration. Glenarvan et le capitaine John chevauchaient sans parler.

Mais ils se comprenaient. Mêmes pensées, et, partant, mêmes angoisses torturaient leur esprit. Ils regardaient les rocs rongés par la mer. Ils n’avaient besoin ni de s’interroger ni de se répondre.

On peut s’en rapporter au zèle et à l’intelligence de John pour affirmer que chaque point du rivage fut scrupuleusement exploré, les moindres criques examinées avec soin comme les plages déclives et les plateaux sableux où les marées du Pacifique, médiocres cependant, auraient pu jeter une épave.

Mais aucun indice ne fut relevé, de nature à provoquer en ces parages de nouvelles recherches.

La trace du naufrage échappait encore.

Quant au Duncan, rien non plus. Toute cette portion de l’Australie, riveraine de l’océan, était déserte.

Toutefois, John Mangles découvrit sur la lisière du rivage des traces évidentes de campement, des restes de feux récemment allumés sous des myalls isolés. Une tribu nomade de naturels avait-elle donc passé là depuis quelques jours? Non, car un indice frappa les yeux de Glenarvan et lui démontra d’une incontestable façon que des convicts avaient fréquenté cette partie de la côte.

Cet indice, c’était une vareuse grise et jaune, usée, rapiécée, un haillon sinistre abandonné au pied d’un arbre. Elle portait le numéro matricule du pénitentiaire de Perth. Le forçat n’était plus là, mais sa défroque sordide répondait pour lui.

Cette livrée du crime, après avoir vêtu quelque misérable, achevait de pourrir sur ce rivage désert.

«Tu vois, John! dit Glenarvan, les convicts sont arrivés jusqu’ici! Et nos pauvres camarades du Duncan?…