—Eh! Qu’est-ce que cela vous fait, Monsieur Mac Nabbs? s’écria
Robert.
—Comment donc, mon garçon, répondit sérieusement le major, mais si je dois jamais finir sous la dent d’un anthropophage, j’aime mieux être cuit!
—Pourquoi?
—Pour être sûr de ne pas être dévoré vivant!
—Bon! Major, reprit Paganel, mais si c’est pour être cuit vivant!
—Le fait est, répondit le major, que je n’en donnerais pas le choix pour une demi-couronne.
—Quoi qu’il en soit, Mac Nabbs, et si cela peut vous être agréable, répliqua Paganel, apprenez que les néo-zélandais ne mangent la chair que cuite ou fumée. Ce sont des gens bien appris et qui se connaissent en cuisine. Mais, pour mon compte, l’idée d’être mangé m’est particulièrement désagréable! Terminer son existence dans l’estomac d’un sauvage, pouah!
—Enfin, de tout ceci, dit John Mangles, il résulte qu’il ne faut pas tomber entre leurs mains. Espérons aussi qu’un jour le christianisme aura aboli ces monstrueuses coutumes.
—Oui, nous devons l’espérer, répondit Paganel; mais, croyez-moi, un sauvage qui a goûté de la chair humaine y renoncera difficilement. Jugez-en par les deux faits que voici.
—Voyons les faits, Paganel, dit Glenarvan.