De cette hauteur, leurs regards dominaient le lac Taupo, qui
s’étendait vers l’ouest dans son cadre pittoresque de montagnes.
Au nord, les cimes du Pirongia. Au sud, le cratère enflammé du
Tongariro.
Mais, vers l’est, le regard butait contre la barrière de cimes et de croupes qui joignait les Wahiti-Ranges, cette grande chaîne dont les anneaux non interrompus relient toute l’île septentrionale du détroit de Cook au cap oriental.
Il fallait donc redescendre le versant opposé et s’engager dans d’étroites gorges, peut-être sans issues.
Glenarvan jeta un coup d’œil anxieux autour de lui; le brouillard s’étant fondu aux rayons du soleil, son regard pénétrait nettement dans les moindres cavités du sol. Aucun mouvement des maoris ne pouvait échapper à sa vue.
Les indigènes n’étaient pas à cinq cents pieds de lui, quand ils atteignirent le plateau sur lequel reposait le cône solitaire.
Glenarvan ne pouvait, si peu que ce fût, prolonger sa halte. épuisé ou non, il fallait fuir sous peine d’être cerné.
«Descendons! s’écria-t-il, descendons avant que le chemin ne soit coupé!»
Mais, au moment où les pauvres femmes se relevaient par un suprême effort, Mac Nabbs les arrêta, et dit:
«C’est inutile, Glenarvan. Voyez.»
Et tous, en effet, virent l’inexplicable changement qui venait de se produire dans le mouvement des maoris.