«Est-ce un volcan? demanda-t-il à Paganel, qui, la longue-vue aux yeux, observait cette terre nouvelle.
—Je ne sais que penser, répondit le géographe. Maria-Thérésa est un point peu connu. Cependant, il ne faudrait pas s’étonner si son origine était due à quelque soulèvement sous-marin, et, par conséquent, volcanique.
—Mais alors, dit Glenarvan, si une éruption l’a produite, ne peut-on craindre qu’une éruption ne l’emporte?
—C’est peu probable, répondit Paganel. On connaît son existence depuis plusieurs siècles, ce qui est une garantie. Lorsque l’île Julia émergea de la Méditerranée, elle ne demeura pas longtemps hors des flots et disparut quelques mois après sa naissance.
—Bien, dit Glenarvan. Penses-tu, John, que nous puissions atterrir avant la nuit?
—Non, votre honneur. Je ne dois pas risquer le Duncan au milieu des ténèbres, sur une côte qui ne m’est pas connue. Je me tiendrai sous faible pression en courant de petits bords, et demain, au point du jour, nous enverrons une embarcation à terre.»
À huit heures du soir, Maria-Thérésa, quoique à cinq milles au vent, n’apparaissait plus que comme une ombre allongée, à peine visible. Le Duncan s’en rapprochait toujours.
À neuf heures, une lueur assez vive, un feu brilla dans l’obscurité. Il était immobile et continu.
«Voilà qui confirmerait le volcan, dit Paganel, en observant avec attention.
—Cependant, répondit John Mangles, à cette distance, nous devrions entendre les fracas qui accompagnent toujours une éruption, et le vent d’est n’apporte aucun bruit à notre oreille.