—En effet, dit Paganel, ce volcan brille, mais ne parle pas. On dirait, de plus, qu’il a des intermittences comme un phare à éclat.

—Vous avez raison, reprit John Mangles, et pourtant nous ne sommes pas sur une côte éclairée. Ah! s’écria-t-il, un autre feu! Sur la plage cette fois! Voyez! Il s’agite! Il change de place!»

John ne se trompait pas. Un nouveau feu avait apparu, qui semblait s’éteindre parfois et se ranimait tout à coup.

«L’île est donc habitée? dit Glenarvan.

—Par des sauvages, évidemment, répondit Paganel.

—Mais alors, nous ne pouvons y abandonner le quartier-maître.

—Non, répondit le major, ce serait faire un trop mauvais cadeau, même à des sauvages.

—Nous chercherons quelque autre île déserte, dit Glenarvan, qui ne put s’empêcher de sourire de «la délicatesse» de Mac Nabbs. J’ai promis la vie sauve à Ayrton, et je veux tenir ma promesse.

—En tout cas, défions-nous, ajouta Paganel. Les zélandais ont la barbare coutume de tromper les navires avec des feux mouvants, comme autrefois les habitants de Cornouailles. Or, les indigènes de Maria-Thérésa peuvent connaître ce procédé.

—Laisse arriver d’un quart, cria John au matelot du gouvernail.
Demain, au soleil levant, nous saurons à quoi nous en tenir.»