Madge savait aussi se passer du monde extérieur et concentrer le bonheur d'une existence à trois dans le sombre cottage.

Ce fut là qu'arriva James Starr.

L'ingénieur était bien attendu. Simon Ford, debout sur sa porte, du plus loin que la lampe d'Harry lui annonça l'arrivée de son ancien « viewer », s'avança vers lui.

« Soyez le bienvenu, monsieur James ! lui cria-t-il d'une voix qui résonnait sous la voûte du schiste. Soyez le bienvenu au cottage du vieil overman ! Pour être enfouie à quinze cents pieds sous terre, la maison de la famille Ford n'en est pas moins hospitalière !

— Comment allez-vous, brave Simon ? demanda James Starr, en serrant la main que lui tendait son hôte.

— Très bien, monsieur Starr. Et comment en serait-il autrement ici, à l'abri de toute intempérie de l'air ? vos ladies qui vont respirer à Newhaven ou à Porto-Bello [2*] , pendant l'été, feraient mieux de passer quelques mois dans la houillère d'Aberfoyle ! Elles ne risqueraient point d'y gagner quelque gros rhume, comme dans les rues humides de la vieille capitale.

— Ce n'est pas moi qui vous contredirai, Simon, répondit James Starr, heureux de retrouver l'overman tel qu'il était autrefois ! vraiment, je me demande pourquoi je ne change pas ma maison de la Canongate pour quelque cottage voisin du vôtre !

— A votre service, monsieur Starr. Je connais un de vos anciens mineurs qui serait particulièrement enchanté de n'avoir entre vous et lui qu'un mur mitoyen.

— Et Madge ?... demanda l'ingénieur.

— La bonne femme se porte encore mieux que moi, si cela est possible ! répondit Simon Ford, et elle se fait une joie de vous voir à sa table. Je pense qu'elle se sera surpassée pour vous recevoir.