— Non, père, répondit Harry.
— Et cette lettre était timbrée du bureau de poste d'Aberfoyle ? demanda Simon Ford à l'ingénieur.
— Oui, comme la vôtre, répondit James Starr.
— Que penses-tu de cela, Harry ? dit Simon Ford, dont le front s'assombrit un instant.
— Je pense, père, répondit Harry, que quelqu'un a eu un intérêt quelconque à empêcher M. James Starr de venir au rendez-vous que vous lui donniez.
— Mais qui ? s'écria le vieux mineur. Qui donc a pu pénétrer assez avant dans le secret de ma pensée ?... »
Et Simon Ford, pensif, tomba dans une rêverie dont la voix de Madge le tira bientôt.
« Asseyons-nous, monsieur Starr, dit-elle. La soupe va refroidir. Pour le moment, ne songeons plus à cette lettre ! »
Et, sur l'invitation de la vieille femme, chacun prit place à la table — James Starr vis-à-vis de Madge, pour lui faire honneur —, le père et le fils l'un vis-à-vis de l'autre.
Ce fut un bon repas écossais. Et, d'abord, on mangea d'un « hotchpotch », soupe dont la viande nageait au milieu d'un excellent bouillon. Au dire du vieux Simon, sa compagne ne connaissait pas de rivale dans l'art de préparer le hotchpotch.