Il en était de même, d'ailleurs, du « cockyleeky », sorte de ragoût de coq, accommodé aux poireaux, qui ne méritait que des éloges.

Le tout fut arrosé d'une excellente ale, puisée aux meilleurs brassins des fabriques d'Édimbourg.

Mais le plat principal consista en un « haggis », pouding national, fait de viandes et de farine d'orge. Ce mets remarquable, qui inspira au poète Burns l'une de ses meilleures odes, eut le sort réservé aux belles choses de ce monde : il passa comme un rêve.

Madge reçut les sincères compliments de son hôte.

Le déjeuner se termina par un dessert composé de fromage et de « cakes », gâteaux d'avoine, finement préparés, accompagnés de quelques petits verres « d'usquebaugh », excellente eau-de-vie de grains, qui avait vingt-cinq ans, — juste l'âge d'Harry.

Ce repas dura une bonne heure. James Starr et Simon Ford n'avaient pas seulement bien mangé, ils avaient aussi bien causé,— principalement du passé de la vieille houillère d'Aberfoyle.

Harry, lui, était plutôt resté silencieux. Deux fois il avait quitté la table et même la maison. Il était évident qu'il éprouvait quelque inquiétude depuis l'incident de la pierre, et il voulait observer les alentours du cottage. La lettre anonyme n'était pas faite, non plus, pour le rassurer.

Ce fut pendant une de ces sorties que l'ingénieur dit à Simon Ford et Madge :

« Un brave garçon que vous avez là, mes amis !

— Oui, monsieur James, un être bon et dévoué, répondit vivement le vieil overman.