— Bien parlé, femme ! répondit le vieil overman, et tu verras que je ne me suis pas trompé.
— Monsieur Starr, demanda alors Harry, avez-vous quelque idée de l'orientation probable de cette longue galerie que nous avons suivie depuis notre entrée dans la nouvelle houillère ?
— Non, mon garçon, répondit l'ingénieur. Avec une boussole, j'aurais peut-être pu établir sa direction générale. Mais, sans boussole, je suis ici comme un marin en pleine mer, au milieu des brumes, lorsque l'absence de soleil ne lui permet pas de relever sa position.
— Sans doute, monsieur James, répliqua Simon Ford, mais, je vous en prie, ne comparez pas notre position à celle du marin, qui a toujours et partout l'abîme sous ses pieds ! Nous sommes en terre ferme, ici, et nous n'avons pas à craindre de jamais sombrer !
— Je ne vous ferai pas cette peine, vieux Simon, répondit James Starr. Loin de moi la pensée de déprécier la nouvelle houillère d'Aberfoyle par une comparaison injuste ! Je n'ai voulu dire qu'une chose, c'est que nous ne savons pas où nous sommes.
— Nous sommes dans le sous-sol du comté de Stirling, monsieur James, répondit Simon Ford, et cela, je l'affirme comme si...
— Écoutez ! » dit Harry en interrompant le vieil overman.
Tous prêtèrent l'oreille, ainsi que le faisait le jeune mineur. Le nerf auditif, très exercé chez lui, avait surpris un bruit sourd, comme eût été un murmure lointain. James Starr, Simon et Madge ne tardèrent pas à l'entendre eux-mêmes. Il se produisait, dans les couches supérieures du massif, une sorte de roulement, dont on percevait distinctement le crescendo et le decrescendo successif, si faible qu'il fût.
Tous quatre restèrent pendant quelques minutes, l'oreille tendue, sans proférer une parole.
Puis, tout à coup, Simon Ford de s'écrier :