« Eh ! par saint Mungo ! Est-ce que les wagonnets courent déjà sur les rails de la nouvelle Aberfoyle ?
— Père, répondit Harry, il me semble bien que c'est le bruit que font des eaux en roulant sur un littoral.
— Nous ne sommes pourtant pas sous la mer ! s'écria le vieil overman.
— Non, répondit l'ingénieur, mais il ne serait pas impossible que nous ne fussions sous le lit même du lac Katrine.
— Il faudrait donc que la voûte fût peu épaisse en cet endroit, puisque le bruit des eaux est perceptible ?
— Peu épaisse, en effet, répondit James Starr, et c'est ce qui fait que cette excavation est si vaste.
— Vous devez avoir raison, monsieur Starr, dit Harry.
— En outre, il fait si mauvais temps au-dehors, reprit James Starr, que les eaux du lac doivent être soulevées comme celles du golfe de Forth.
— Eh ! qu'importe, après tout, répondit Simon Ford. La couche carbonifère n'en sera pas plus mauvaise pour se développer au-dessous d'un lac ! Ce ne serait pas la première fois que l'on irait chercher la houille sous le lit même de l'Océan ! Quand nous devrions exploiter tout le fonds et le tréfonds du canal du Nord, où serait le mal ?
— Bien dit, Simon, s'écria l'ingénieur, qui ne put retenir un sourire en regardant l'enthousiaste overman. Poussons nos tranchées sous les eaux de la mer ! Trouons comme une écumoire le lit de l'Atlantique ! Allons rejoindre à coups de pioche nos frères des États-Unis à travers le sous-sol de l'Océan ! Fonçons jusqu'au centre du globe, s'il le faut, pour lui arracher son dernier morceau de houille !