Harry recula, d'abord, par un vif sentiment de répulsion, puis il revint.

Ses sens ne l'avaient pas trompé. Ce qui l'avait arrêté, c'était, en effet, un corps. Il le saisit, et se rendit compte que, glacé aux extrémités, il n'était pas encore refroidi tout à fait.

L'attirer à soi, le ramener au fond du puits, projeter sur lui la lumière de la lampe, ce fut fait en moins de temps qu'il ne faut à le dire.

« Un enfant ! » s'écria Harry.

L'enfant, retrouvé au fond de cet abîme, respirait encore, mais son souffle était si faible qu'Harry put croire qu'il allait cesser. Il fallait donc, sans perdre un instant, ramener cette pauvre petite créature à l'orifice du puits, et la conduire au cottage, où Madge lui prodiguerait ses soins.

Harry, oubliant toute autre préoccupation, rajusta la corde à sa ceinture, y attacha sa lampe, prit l'enfant qu'il soutint de son bras gauche contre sa poitrine, et, gardant son bras droit libre et armé, il fit le signal convenu, afin que la corde fût halée doucement.

La corde se tendit, et la remontée commença à s'opérer régulièrement.

Harry regardait autour de lui avec un redoublement d'attention. Il n'était plus seul exposé, maintenant.

Tout alla bien pendant les premières minutes de l'ascension, aucun incident ne semblait devoir survenir, lorsque Harry crut entendre un souffle puissant qui déplaçait les couches d'air dans les profondeurs du puits. Il regarda au-dessous de lui et aperçut, dans la pénombre, une masse, qui, s'élevant peu à peu, le frôla en passant.

C'était un énorme oiseau, dont il ne put reconnaître l'espèce, et qui montait à grands coups d'ailes.