Sourire ou se fâcher?... Le Kaw-djer prit le parti de sourire. Aucune hésitation n’était possible, en effet. Dick n’avait évidemment nulle intention de railler. Dès lors, pourquoi blâmer ces deux enfants si ardents à se «débrouiller», alors que tant de leurs aînés avaient une telle propension à s’en reposer sur autrui.
Il demanda:
—Votre «travail» vous rapporte-t-il au moins de quoi vivre?
—Je crois bien! affirma Dick avec importance. Des douze cents, par jour, quelquefois quinze, voilà ce qu’il nous rapporte, notre travail, Gouverneur!... Avec ça, un homme peut vivre, ajouta-t-il le plus sérieusement du monde.
Un homme!... Les auditeurs partirent d’un éclat de rire. Dick, offensé, regarda les rieurs.
—Qu’est-ce qu’ils ont, ces idiots-là?... murmura-t-il entre ses dents d’un air vexé.
Le Kaw-djer le ramena à la question.
—Quinze cents, ce n’est pas mal, en effet, reconnut-il. Vous gagneriez davantage cependant, si vous aidiez les maçons ou les terrassiers.
—Impossible, Gouverneur, répliqua Dick vivement.
—Pourquoi impossible? insista le Kaw-djer.