—Ça ne fait que quatre, observa placidement Sirdey.

—Et Kennedy?... Peut-on le compter, celui-là?...

—Oui, accorda Sirdey. Cinq.

—Et Jackson, énuméra Dorick, Smirnoff, Reede, Blumenfeldt, Loreley?

—Dix.

—Il y en a d’autres. C’est un compte à faire.

—Comptons alors, proposa Sirdey.

—Soit!» accorda Dorick en tirant de sa poche un crayon et un calepin.

Tous quatre s’assirent sur le sol, et, à tête reposée, firent le dénombrement des forces dont ils croyaient pouvoir disposer, après la disparition de l’homme, qui seul, d’après Dorick, rendait redoutable la puissance éparse de la foule. Chacun citait des noms, qu’on n’inscrivait sur le carnet qu’après discussion approfondie.

Du point élevé qu’ils occupaient, un vaste panorama se développait sous leurs yeux. La rivière, venue de l’Ouest, passait à leurs pieds, puis, se recourbant, repartait dans le Nord-Ouest, c’est-à-dire presque parallèlement à elle-même, vers le Bourg-Neuf où elle se jetait dans la mer. Au coude de la rivière, Libéria s’étendait, déployée comme une carte, puis, au delà, la plaine marécageuse qui séparait la ville du rivage.