«La quatrième nuit après celle-ci, avait murmuré Patterson dans un souffle.
—Entendu, avait répondu Sirdey.
—Qu’on n’oublie pas les piastres!... Sans ça, rien de fait!
—Sois tranquille.»
Ce court dialogue échangé, Sirdey s’était éloigné. Mais, auparavant, il avait déposé aux pieds du traître un sac qui, en touchant le sol, rendit un son cristallin. C’étaient les huit cents piastres promises. C’était le salaire de Judas.
IX
LA PATRIE HOSTELIENNE.
Le lendemain, Patterson continua à réparer sa palissade. Toutefois, il n’était pas sans deviner les commentaires que son insolite occupation était de nature à provoquer. Ces commentaires, il avait, maintenant qu’il était en partie payé, grand intérêt à les éviter. C’est pourquoi il profita de la première occasion qui lui fut offerte pour donner de sa conduite une explication très simple.
Il fit même naître cette occasion, en allant trouver Hartlepool de bon matin et en lui demandant hardiment d’être placé désormais en faction exclusivement dans son enclos. Propriétaire riverain, il était plus logique qu’il fût de garde chez lui et qu’un autre ne vînt pas l’y remplacer, tandis qu’il serait envoyé ailleurs.
Hartlepool, qui n’éprouvait pas une vive sympathie pour le personnage, n’avait cependant aucun reproche précis à formuler contre lui. A certains égards même, Patterson méritait l’estime. C’était un homme paisible et un travailleur infatigable. D’ailleurs, il n’y avait pas d’inconvénient à accueillir favorablement sa requête.