Dick parut légèrement troublé. Il hésita.

—Je ne sais pas, moi... dit-il enfin. C’est parce que c’est vous qui commandez... Et puis, tout le monde vous appelle comme ça.

—Par exemple!... protesta le Kaw-djer.

D’une voix plus grave il ajouta:

—Tu te trompes, mon petit ami. Je ne suis ni plus ni moins que les autres. Ici, personne ne commande. Ici, il n’y a pas de maître.

Dick ouvrit de grands yeux et regarda le Kaw-djer avec incrédulité. Était-il possible qu’il n’y eût pas de maître? Pouvait-il le croire, cet enfant, pour qui, jusqu’alors, le monde n’avait été peuplé que de tyrans? Pouvait-il croire qu’il existât quelque part un pays sans maître?

—Pas de maître, affirma de nouveau le Kaw-djer.

Après un court silence, il demanda:

—Où es-tu né?

—Je ne sais pas.