L’ivrogne ne se le fit pas répéter. Son excitation subitement éteinte, il chut, comme dans un trou, dans un sommeil de plomb.

Le Kaw-djer s’était penché sur la femme évanouie et s’empressait à la secourir. Halg, Rhodes et Hartlepool, entrés derrière lui, contemplaient la scène avec émotion.

Tullia enfin ouvrit les yeux. En apercevant des visages étrangers, elle comprit sur-le-champ ce qui s’était passé. Sa première pensée fut d’excuser celui dont la brutalité venait de se manifester de si abominable manière.

«Merci, Monsieur, dit-elle en se soulevant. Ce n’était rien... C’est fini, maintenant... Suis-je sotte de m’être ainsi effrayée!

—On le serait à moins! s’écria le Kaw-djer.

—Pas du tout, répliqua vivement Tullia. Lazare n’est pas méchant... Il voulait plaisanter...

—Est-ce qu’il lui arrive souvent de plaisanter ainsi? demanda le Kaw-djer.

—Jamais, Monsieur, jamais! affirma Tullia. Lazare est un bon mari... De plus brave garçon, il n’y en a pas...

—C’est faux, interrompit une voix décidée.

Le Kaw-djer et ses compagnons se retournèrent. Ils aperçurent Graziella qu’ils n’avaient pas distinguée jusqu’ici dans la pénombre de la tente, à peine éclairée par la lueur jaunâtre d’un fanal.