Elle ne l'était pas.

En effet, calme plat après le typhon, pas un courant dans les couches atmosphériques, pas un souffle de vent. Une mer sans rides, à peine gonflée par les ondulations d'une large houle, simple balancement, auquel manque le mouvement de translation. La jonque s'élevait et s'abaissait sous une force régulière, qui ne la déplaçait pas. Une vapeur chaude pesait sur les eaux, et le ciel, si profondément troublé, pendant la nuit, semblait maintenant impropre à une lutte des éléments. C'était un de ces calmes «blancs», dont la durée échappe à toute appréciation.

«Très bien! se dit Kin-Fo. Après la tempête, qui nous a entraînés au large, le défaut de vent qui nous empêche de revenir vers la terre!»

Puis, s'adressant au capitaine: «Que peut durer ce calme? demanda- t-il.

— Dans cette saison, monsieur! Eh! qui pourrait le savoir? répondit le capitaine.

— Des heures ou des jours?

— Des jours ou des semaines! répliqua Yin avec un sourire de parfaite résignation, qui faillit mettre son passager en fureur.

— Des semaines! s'écria Kin-Fo. Est-ce que vous croyez que je puis attendre des semaines!

— Il le faudra bien, à moins que nous ne traînions notre jonque à la remorque!

— Au diable votre jonque, et tous ceux qu'elle porte, et moi le premier, qui ai eu la mauvaise idée de prendre passage à son bord!