Ils faillirent être submergés. ([Page 152].)

Ils descendirent la rivière, dont la largeur variait beaucoup, en évitant autant que possible les grandes villes, car ils auraient été dans l'impossibilité de satisfaire aux exigences des gouverneurs.

Jusqu'à Egga, aucun incident ne vint marquer cette navigation paisible. Une nuit seulement, dans l'impossibilité de débarquer au milieu des marais qui bordaient le fleuve, les voyageurs avaient été forcés de se laisser emporter par le courant, lorsque éclata un orage épouvantable, pendant lequel ils faillirent être submergés par des troupeaux d'hippopotames, qui se jouaient à la surface des eaux.

Tabouret carré du sultan de Bornou.
(Fac-simile. Gravure ancienne.)

Le Niger coulait, pendant ce temps, presque toujours à l'est et au sud-est, large tantôt de huit milles, tantôt de deux seulement. Son courant était si rapide, que l'embarcation filait avec une vitesse de quatre ou cinq milles à l'heure.

Le 19 octobre, Richard Lander passa devant l'embouchure de la Coudounia, rivière qu'il avait traversée près de Cuttup, lors de sa première mission, et, quelque temps après, il aperçut Egga. Il gagna aussitôt le lieu de débarquement, en remontant une baie encombrée d'un nombre infini de grands et massifs canots chargés de marchandises, aux proues barbouillées de sang et couvertes de plumes,—charmes et préservatifs contre les voleurs.