La deuxième cataracte du Nil. ([Page 170].)
Puis, on étudiait les deux épopées de l'époque brahmanique, qui succède aux temps védiques, le Mahabharata et le Ramayana, ainsi que les Paranas. Les savants parvenaient, grâce à une connaissance plus approfondie de la langue et à une initiation plus intime aux mythes, à fixer, approximativement, l'époque de la composition de ces poèmes, à en relever les innombrables interpolations, à démêler ce qui avait trait à l'histoire et à la géographie dans ces allégories merveilleuses.
Des villages perchés pittoresquement. ([Page 180].)
Par ces patientes et minutieuses investigations, on arrivait à cette conclusion, que les langues celtique, grecque, latine, germanique, slave et persique, ont toutes une même origine, et que la langue mère n'est autre que le sanscrit. Si la langue est la même, il faut donc que le peuple ait été le même. On explique les différences, qui existent aujourd'hui entre ces divers idiomes, par des fractionnements successifs du peuple primitif,—dates approximatives que permettent d'apprécier le plus ou moins d'affinité de ces langues avec le sanscrit et la nature des mots qu'elles lui ont empruntés, mots correspondant par leur nature aux différents degrés d'avancement de la civilisation.
En même temps, on se faisait une idée nette et précise de l'existence qu'avaient menée les pères de la race indo-européenne et des transformations que la civilisation lui a fait subir. Les Vedas nous la montrent alors qu'elle n'a pas encore envahi l'Inde et qu'elle occupe le Pendjab et le Caboulistan. Ces poèmes nous font assister aux luttes contre les populations primitives de l'Hindoustan, dont la résistance fut d'autant plus acharnée, que les vainqueurs ne leur laissaient, dans leur division en castes, que la plus infime et la plus déshonorée. On pénètre, grâce aux Vedas, dans tous les détails de la vie pastorale et patriarcale des Aryas, on s'initie à cette existence peu mouvementée de famille, et l'on se demande si la lutte acharnée des modernes vaut les paisibles jouissances que le manque de besoins réservait à leurs pères.