Relâche au port Famine. ([Page 375].)

A marée basse, l'embouchure de la rivière Sedger, qui se jette dans la baie Famine, est obstruée par des bancs de sable; à trois cents mètres plus loin, la plaine se transforme en un immense marécage d'où émergent d'énormes troncs d'arbres, ossements gigantesques, blanchis sous l'action du temps, transportés en cet endroit par les pluies extraordinaires, qui grossissent le cours de la rivière.

Vue de la Terre Adélie.
(Fac-simile. Gravure ancienne.)

Une belle forêt sert de lisière à celle-ci, et des arbustes, armés d'aiguillons, en défendent l'accès. Les essences les plus communes sont le hêtre, au tronc haut de vingt à trente mètres sur près d'un mètre de diamètre, l'écorce de Winter, qui a longtemps remplacé la cannelle, et une sorte d'épine-vinette.

Les plus gros hêtres que d'Urville ait rencontrés mesuraient cinq mètres de circonférence et pouvaient avoir cinquante mètres de haut.

Par malheur, on ne trouve sur ce littoral ni mammifères, ni reptiles, ni coquilles terrestres ou fluviatiles; une ou deux sortes d'oiseaux, voilà seulement, avec des lichens et des mousses, ce que le naturaliste y peut seulement recueillir.