Les saluts réglementaires sont échangés de part et d'autre, et le contre-amiral, dont le guidon flotte sur le Paris, descend à terre avec ses officiers.

Après les coups de canon officiels, auxquels les batteries de l'Éperon et de la Poupe joignent leurs tonnerres sympathiques, le contre-amiral et le commandant-commissaire des îles de la Société s'empressent de se rendre successivement visite.

C'est une bonne fortune pour les navires de la division, leurs officiers, leurs équipages, d'être arrivés sur la rade de Taïti, pendant que Standard-Island y séjourne encore. Nouvelles occasions de réceptions et de fêtes. Le Joyau du Pacifique est ouvert aux marins français, qui s'empressent d'en venir admirer les merveilles. Pendant quarante-huit heures, les uniformes de notre marine se mêlent aux costumes milliardais.

Cyrus Bikerstaff fait les honneurs de l'observatoire, le surintendant fait les honneurs du casino et autres établissements sous sa dépendance.

C'est dans ces circonstances qu'il est venu une idée à cet étonnant Calistus Munbar, une idée géniale dont la réalisation doit laisser d'inoubliables souvenirs. Et cette idée, il la communique au gouverneur, et le gouverneur l'adopte, sur avis du conseil des notables.

Oui! Une grande fête est décidée pour le 15 novembre. Son programme comprendra un dîner d'apparat et un bal donnés dans les salons de l'hôtel de ville. À cette époque les Milliardais en villégiature seront rentrés, puisque le départ doit s'effectuer deux jours après.

Les hauts personnages des deux sections ne manqueront donc point à ce festival en l'honneur de la reine Pomaré VI, des Taïtiens européens ou indigènes et de l'escadre française.

Calistus Munbar est chargé d'organiser cette fête, et l'on peut s'en rapporter à son imagination comme à son zèle. Le quatuor se met à sa disposition, et il est convenu qu'un concert figurera parmi les plus attractifs numéros du programme.

Quant aux invitations, c'est au gouverneur qu'incombe la mission de les répartir.

En premier lieu, Cyrus Bikerstaff va en personne prier la reine Pomaré, les princes et les princesses de sa cour d'assister à cette fête, et la reine daigne répondre par une acceptation. Mêmes remerciements de la part du commandant-commissaire et des hauts fonctionnaires français, du contre-amiral et de ses officiers, qui se montrent très sensibles à cette gracieuseté.