— Aucune, vous dis-je.

— Qu'ils débarquent donc… en grand nombre… Les habitants les recevront de leur mieux, car les Mangiens sont hospitaliers… Seulement…

— Seulement?…

— Leurs Majestés, d'accord avec le conseil des chefs, ont décidé qu'à Mangia comme dans les autres îles de l'archipel, les étrangers auraient à payer une taxe d'introduction…

— Une taxe?…

— Oui… deux piastres… C'est peu de chose, vous le voyez… deux piastres pour toute personne qui mettra le pied sur l'île.»

Très évidemment le ministre est l'auteur de cette proposition, que le roi, la reine, le conseil des chefs se sont empressés d'accepter, et dont un fort tantième est réservé à Son Excellence. Comme dans les groupes de l'Est-Pacifique, il n'avait jamais été question de semblables taxes, l'officier de port ne laisse pas d'exprimer sa surprise.

«Cela est sérieux?… demande-t-il.

— Très sérieux, affirme le ministre, et, faute du paiement de ces deux piastres, nous ne pourrions laisser personne.

— C'est bien!» répond l'officier.