Parmi les premiers débarqués, ce jour-là, on ne s'étonnera pas de rencontrer Sébastien Zorn et ses trois camarades, accompagnés du surintendant qui veut être des leurs. Calistus Munbar est comme toujours de charmante et débordante humeur. Il a appris qu'une excursion jusqu'à Leone, dans des voitures attelées de chevaux néozélandais, est organisée entre trois ou quatre familles de notables. Or, puisque les Coverley et les Tankerdon doivent s'y trouver, peut-être se produira-t-il encore un certain rapprochement entre Walter et miss Dy, qui ne sera point pour lui déplaire.
Tout en se promenant avec le quatuor, il cause de ce grand événement; il s'anime, il s'emballe suivant son ordinaire.
«Mes amis, répète-t-il, nous sommes en plein opéra-comique… Avec un heureux incident, on arrive au dénouement de la pièce… Un cheval qui s'emporte… une voiture qui verse…
— Une attaque de brigands!… dit Yvernès.
— Un massacre général des excursionnistes!… ajoute Pinchinat.
— Et cela pourrait bien arriver!… gronde le violoncelliste d'une voix funèbre, comme s'il eût tiré de lugubres sons de sa quatrième corde.
— Non, mes amis, non! s'écrie Calistus Munbar. N'allons pas jusqu'au massacre!… Il n'en faut pas tant!… Rien qu'un accident acceptable, dans lequel Walter Tankerdon serait assez heureux pour sauver la vie de miss Dy Coverley…
— Et là-dessus, un peu de musique de Boïeldieu ou d'Auber! dit Pinchinat, en faisant de sa main fermée le geste de tourner la manivelle d'un orgue.
— Ainsi, monsieur Munbar, répond Frascolin, vous tenez toujours à ce mariage?…
— Si j'y tiens, mon cher Frascolin! J'en rêve nuit et jour!… J'en perds ma bonne humeur! (Il n'y paraissait guère)… J'en maigris… (Cela ne se voyait pas davantage). J'en mourrai, s'il ne se fait…