— Une erreur?… répète Frascolin.

— Oui, messieurs, et, si vous voulez m'accompagner, je vous promets l'accueil auquel ont droit des artistes de votre valeur.

— Je suis d'avis d'accepter… dit Yvernès.

— Et je partage ton avis, affirme Pinchinat.

— Un instant… un instant, s'écrie Sébastien Zorn, et n'allons pas plus vite que le chef d'orchestre!

— Ce qui signifie?… demande l'Américain.

— Que nous sommes attendus à San-Diégo, répond Frascolin.

— À San-Diégo, ajoute le violoncelliste, où la ville nous a engagés pour une série de matinées musicales, dont la première doit avoir lieu après-demain dimanche…

— Ah!» réplique le personnage, d'un ton qui dénote une assez vive contrariété. Puis, reprenant: «Qu'à cela ne tienne, messieurs, ajoute-t-il. En une journée, vous aurez le temps de visiter une cité qui en vaut la peine, et je m'engage à vous faire reconduire à la prochaine station, de manière que vous puissiez être à San- Diégo à l'heure voulue!»

Ma foi, l'offre est séduisante, et aussi la bien venue. Voilà le quatuor assuré de trouver une bonne chambre dans un bon hôtel, — sans parler des égards que leur garantit cet obligeant personnage.