— Ces personnes?… répond le surintendant, dont les lèvres ébauchent une moue assez dédaigneuse. Oh!… ce sont des mélomanes enragés.

— Et pourquoi n'ont-ils pas loué une place dans la salle du casino?

— Sans doute, parce que c'était trop cher pour eux.

— Alors leur fortune?…

— À peine deux centaines de mille francs de rente.

— Peuh! fait Pinchinat. Et quels sont ces pauvres diables?…

— Le roi et la reine de Malécarlie.»

VIII — Navigation

Après avoir créé cet extraordinaire appareil de navigation, la Standard-Island Company dut pourvoir aux exigences d'une double organisation, maritime d'une part, administrative de l'autre.

La première, on le sait, a pour directeur, ou plutôt pour capitaine, le commodore Ethel Simcoë, de la marine des États-Unis. C'est un homme de cinquante ans, navigateur expérimenté, connaissant à fond les parages du Pacifique, ses courants, ses tempêtes, ses écueils, ses substructions coralligènes. De là, parfaite aptitude pour conduire d'une main sûre l'île à hélice confiée à ses soins et les riches existences dont il est responsable devant Dieu et les actionnaires de la Société.