— J'ajouterai aussi que la moelle des tiges nouvelles, confite dans du vinaigre, forme un condiment très apprécié.

— De mieux en mieux, Harbert.

— Et enfin que ces bambous exsudent entre leurs nœuds une liqueur sucrée, dont on peut faire une très agréable boisson.

— Est-ce tout? demanda le marin.

— C'est tout!

— Et ça ne se fume pas, par hasard?

— Ça ne se fume pas, mon pauvre Pencroff!»

Harbert et le marin n'eurent pas à chercher longtemps un emplacement favorable pour passer la nuit. Les rochers du rivage—très divisés, car ils devaient être violemment battus par la mer sous l'influence des vents du sud-ouest — présentaient des cavités qui devaient leur permettre de dormir à l'abri des intempéries de l'air. Mais, au moment où ils se disposaient à pénétrer dans une de ces excavations, de formidables rugissements les arrêtèrent.

«En arrière! s'écria Pencroff. Nous n'avons que du petit plomb dans nos fusils, et des bêtes qui rugissent si bien s'en soucieraient comme d'un grain de sel!»

Et le marin, saisissant Harbert par le bras, l'entraîna à l'abri des roches, au moment où un magnifique animal se montrait à l'entrée de la caverne.