— Oui! murmurait Pencroff. C'était un homme celui-là, et un vrai!

— C'était... dit Harbert. Est-ce que tu désespères de le revoir jamais?

— Dieu m'en garde!» répondit le marin.

Le travail d'appropriation fut rapidement exécuté, et Pencroff s'en déclara très satisfait.

«Maintenant, dit-il, nos amis peuvent revenir. Ils trouveront un abri suffisant.»

Restait à établir le foyer et à préparer le repas.

Besogne simple et facile, en vérité. De larges pierres plates furent disposées au fond du premier couloir de gauche, à l'orifice de l'étroit boyau qui avait été réservé. Ce que la fumée n'entraînerait pas de chaleur au dehors suffirait évidemment à maintenir une température convenable au dedans. La provision de bois fut emmagasinée dans l'une des chambres, et le marin plaça sur les pierres du foyer quelques bûches, entremêlées de menu bois.

Le marin s'occupait de ce travail, quand Harbert lui demanda s'il avait des allumettes.

«Certainement, répondit Pencroff, et j'ajouterai: Heureusement, car, sans allumettes ou sans amadou, nous serions fort embarrassés!

— Nous pourrions toujours faire du feu comme les sauvages, répondit Harbert, en frottant deux morceaux de bois secs l'un contre l'autre?