— Eh bien! essayez, mon garçon, et nous verrons si vous arriverez à autre chose qu'à vous rompre les bras!
— Cependant, c'est un procédé très simple et très usité dans les îles du Pacifique.
— Je ne dis pas non, répondit Pencroff, mais il faut croire que les sauvages connaissent la manière de s'y prendre, ou qu'ils emploient un bois particulier, car, plus d'une fois déjà, j'ai voulu me procurer du feu de cette façon, et je n'ai jamais pu y parvenir! J'avoue donc que je préfère les allumettes! Où sont mes allumettes?»
Pencroff chercha dans sa veste la boîte qui ne le quittait jamais, car il était un fumeur acharné. Il ne la trouva pas. Il fouilla les poches de son pantalon, et, à sa stupéfaction profonde, il ne trouva point davantage la boîte en question.
«Voilà qui est bête, et plus que bête! dit-il en regardant Harbert. Cette boîte sera tombée de ma poche, et je l'ai perdue! Mais, vous, Harbert, est-ce que vous n'avez rien, ni briquet, ni quoi que ce soit qui puisse servir à faire du feu?
— Non, Pencroff!»
Le marin sortit, suivi du jeune garçon, et se grattant le front avec vivacité. Sur le sable, dans les roches, près de la berge de la rivière, tous deux cherchèrent avec le plus grand soin, mais inutilement. La boîte était en cuivre et n'eût point échappé à leurs yeux.
«Pencroff, demanda Harbert, n'as-tu pas jeté cette boîte hors de la nacelle?
— Je m'en suis bien gardé, répondit le marin. Mais, quand on a été secoués comme nous venons de l'être, un si mince objet peut avoir disparu. Ma pipe, elle-même, m'a bien quitté! Satanée boîte! Où peut-elle être?
— Eh bien, la mer se retire, dit Harbert, courons à l'endroit où nous avons pris terre.»