«Nous repartirons demain au point du jour, dit Pencroff à ses deux compagnons, qui, vers deux heures après midi, se couchèrent à l'ombre d'un bouquet de pins, afin de se reposer quelques instants.
— Je crois que nous pouvons sans scrupule, ajouta Harbert, emporter les ustensiles qui ont appartenu au naufragé?
— Je le crois aussi, répondit Gédéon Spilett, et ces armes, ces outils compléteront le matériel de Granite-House. Si je ne me trompe, la réserve de poudre et de plomb est importante.
— Oui, répondit Pencroff, mais n'oublions pas de capturer un ou deux couples de ces porcs, dont l'île Lincoln est dépourvue...
— Ni de récolter ces graines, ajouta Harbert, qui nous donneront tous les légumes de l'ancien et du nouveau continent.
— Il serait peut-être convenable alors, dit le reporter, de rester un jour de plus à l'île Tabor, afin d'y recueillir tout ce qui peut nous être utile.
— Non, Monsieur Spilett, répondit Pencroff, et je vous demanderai de partir dès demain, au point du jour. Le vent me paraît avoir une tendance à tourner dans l'ouest, et, après avoir eu bon vent pour venir, nous aurons bon vent pour nous en aller.
— Alors ne perdons pas de temps! dit Harbert en se levant.
— Ne perdons pas de temps, répondit Pencroff. Vous, Harbert, occupez-vous de récolter ces graines, que vous connaissez mieux que nous. Pendant ce temps, M Spilett et moi, nous allons faire la chasse aux porcs, et, même en l'absence de Top, j'espère bien que nous réussirons à en capturer quelques-uns!»
Harbert prit donc à travers le sentier qui devait le ramener vers la partie cultivée de l'îlot, tandis que le marin et le reporter rentraient directement dans la forêt.