«Cependant, reprit Pencroff, il faut que vous ayez été lancé sur le rivage, et que vous ayez eu la force de marcher jusqu'ici, puisque Nab a retrouvé les empreintes de vos pas!

— Oui... il le faut... répondit l'ingénieur en réfléchissant. Et vous n'avez pas vu trace d'êtres humains sur cette côte?

— Pas trace, répondit le reporter. D'ailleurs, si par hasard quelque sauveur se fût rencontré là, juste à point, pourquoi vous aurait-il abandonné après vous avoir arraché aux flots?

— Vous avez raison, mon cher Spilett. — Dis-moi, Nab, ajouta l'ingénieur en se tournant vers son serviteur, ce n'est pas toi qui... tu n'aurais pas eu un moment d'absence... pendant lequel... Non, c'est absurde... Est-ce qu'il existe encore quelques-unes de ces empreintes? demanda Cyrus Smith.

— Oui, mon maître, répondit Nab, tenez, à l'entrée, sur le revers même de cette dune, dans un endroit abrité du vent et de la pluie. Les autres ont été effacées par la tempête.

— Pencroff, répondit Cyrus Smith, voulez-vous prendre mes souliers, et voir s'ils s'appliquent absolument à ces empreintes!»

Le marin fit ce que demandait l'ingénieur. Harbert et lui, guidés par Nab, allèrent à l'endroit où se trouvaient les empreintes, pendant que Cyrus Smith disait au reporter:

«Il s'est passé là des choses inexplicables!

— Inexplicables, en effet! répondit Gédéon Spilett.

— Mais n'y insistons pas en ce moment, mon cher Spilett, nous en causerons plus tard.»