—As-tu un cheval à me vendre?
—Tu veux partir?
—A l'instant.
—Je n'ai ni cheval ni voiture, petit père! Où les Tartares ont passé, il ne reste plus rien!
—Eh bien, j'irai a pied à Omsk chercher un cheval...
—Quelques heures de repos encore, et tu seras mieux en état de continuer ton voyage!
—Pas une heure!
—Viens donc! répondit le moujik, comprenant qu'il n'y avait pas à lutter contre la volonté de son hôte. Je te conduirai moi-même, ajouta-t-il. D'ailleurs, les Russes sont encore en grand nombre à Omsk, et tu pourras peut-être passer inaperçu.
—Ami, répondit Michel Strogoff, que le ciel te récompense de tout ce que tu as fait pour moi!
—Une récompense! Les fous seuls en attendent sur la terre,» répondit le moujik.