«Votre tribu, reprit Tom Marix, est-elle souvent en guerre avec la tribu des Indas?

— Toujours!» répondit le fils.

Et son accent, son geste, indiquaient la violence de ces haines de cannibales.

«Et nous les poursuivrons, ajouta le père, dont les mâchoires claquaient de désirs sensuels, et ils seront battus, lorsque le chef blanc ne sera plus là pour leur donner ses conseils.»

On imagine quelle fut l'émotion de Mrs. Branican et de ses compagnons, dès que Tom Marix eut traduit cette réponse. Ce chef blanc depuis tant d'années prisonnier des Indas, pouvait-on douter que ce ne fût le capitaine John?

Et, sur les instances de Dolly, Tom Marix pressa de questions les deux indigènes. Ils ne purent fournir que des informations très indécises sur ce chef blanc. Ce qu'ils affirmèrent, toutefois, c'est que, trois mois auparavant, lors de la dernière lutte entre les Goursis et les Indas, il était encore au pouvoir de ces derniers.

«Et sans lui, s'écria le jeune Australien, les Indas ne seraient plus que des femmes!»

Qu'il y eût là exagération de la part de ces indigènes, peu importait. On savait d'eux tout ce que l'on voulait en savoir. John Branican et les Indas se trouvaient à moins de trois cents milles dans la direction du nord-ouest… Il fallait les rejoindre sur les bords de la Fitz-Roy.

Au moment où le campement allait être levé, Jos Meritt retint un instant les deux hommes que Mrs. Branican venait de congédier avec de nouveaux présents. Et alors l'Anglais pria Tom Marix de leur adresser une question relativement aux chapeaux de cérémonie que portaient les chefs de la tribu des Goursis et les chefs de la tribu des Indas.

En vérité, tandis qu'il attendait leur réponse, Jos Meritt était non moins ému que l'avait été Dolly pendant l'interrogatoire des indigènes.