— Aucun depuis qu'elles ont occupé Fernandina et la baie de
Saint-Mary.
— Ainsi, le but de votre mission?…
— C'était d'abord de vous apprendre que la dispersion des esclaves n'est qu'un prétexte, imaginé par Texar, pour dévaster la plantation et s'emparer de votre personne!
— Vous ne savez pas, répondit James Burbank en insistant, si
Texar est à la tête de ces malfaiteurs?
— Non, monsieur Burbank. M. Harvey a vainement cherché à le savoir. Moi-même, depuis que nous avons quitté Jacksonville, je n'ai pu me renseigner à cet égard.
— Est-ce que les hommes de la milice, qui se sont joints à cette bande d'assaillants, sont nombreux?
— Une centaine au plus, répondit John Bruce. Mais cette populace qu'ils entraînent à leur suite est composée des pires malfaiteurs. Texar les fait armer, et il est à craindre qu'ils ne se livrent à tous les excès. Je vous le répète, monsieur Burbank, l'opinion de M. Harvey est que vous feriez bien d'abandonner immédiatement Castle-House. Aussi, m'a-t-il chargé de vous dire qu'il mettait son cottage de Hampton-Red à votre disposition. Ce cottage est situé à une dizaine de milles en amont, sur la rive droite du fleuve. Là, on peut être en sûreté pendant quelques jours…
— Oui… Je sais!…
— Je pourrais secrètement y conduire votre famille et vous-même, à la condition de quitter Castle-House à l'instant même, avant que toute retraite fût devenue impossible…
— Je remercie M. Harvey, et vous aussi, mon ami, dit James
Burbank. Nous n'en sommes pas encore là.