En ce moment, Frycollin s’obstinait à l’assommer de ses incessantes récriminations, le priant d’intervenir près de son maître pour qu’il le fit « déposer à terre ».
Sans répondre à cette demande saugrenue, Phil Evans revint à l’arrière retrouver Uncle Prudent. Là, toutes précautions prises pour ne point être entendus, il rapporta les quelques phrases échangées entre Tom Turner et le maître coq.
« Phil Evans, répondit Uncle Prudent, je pense que nous ne nous faisons aucune illusion sur les intentions de ce misérable à notre égard?
— Aucune, répondit Phil Evans. Il ne nous rendra la liberté que lorsque cela lui conviendra, — s’il nous la rend jamais!
— Dans ce cas, nous devons tout tenter pour quitter l’Albatros!
— Un fameux appareil, il faut bien l’avouer!
— C’est possible! s’écria Uncle Prudent, mais c’est l’appareil d’un coquin qui nous retient au mépris de tout droit. Or, cet appareil constitue pour nous et les nôtres un danger permanent. Si donc nous ne parvenons pas à le détruire...
— Commençons par nous sauver!.., répondit Phil Evans. Nous verrons après!
— Soit! reprit Uncle Prudent, et profitons des occasions qui vont s’offrir. Evidemment l’Albatros va traverser la Caspienne, puis se lancer sur l’Europe, soit dans le nord, au-dessus de la Russie, soit dans l’ouest, au-dessus des contrées méridionales. Eh bien! en quelque lieu que nous mettions le pied, notre salut sera assuré jusqu’à l’Atlantique. Il convient donc de se tenir prêts à toute heure.
— Mais, demanda Phil Evans, comment fuir?...