Sept heures vingt-sept minutes du matin.

« À John S. Wright, ministre d’État.

« Coup tiré hier soir minuit précis par engin foré dans revers méridional du Kilimandjaro. Passage de projectile avec sifflements épouvantables. Effroyable détonation. Province dévastée par trombe d’air. Mer soulevée jusqu’au canal Mozambique. Nombreux navires désemparés et mis à la côte. Bourgades et villages anéantis. Tout va bien.

« RICHARD W. TRUST. »

Oui! tout allait bien, puisque rien n’était changé à l’état de choses, sauf les désastres produits dans le Wamasai, en partie rasé par cette trombe artificielle, et les naufrages provoqués par le déplacement des couches aériennes. Et n’en avait-il pas été ainsi, lorsque la fameuse Columbiad avait lancé son projectile vers la Lune? La secousse, communiquée au sol de la Floride, ne s’était-elle pas fait sentir dans un rayon de cent milles? Oui, certes! et, cette fois, l’effet avait dû être centuplé.

Quoi qu’il en soit, la dépêche apprenait deux choses aux intéressés de l’Ancien et du Nouveau Continent :

1° Que l’énorme engin avait pu être fabriqué dans les flancs mêmes du Kilimandjaro.

2° Que le coup avait été tiré à l’heure dite.

Et, alors, le monde entier poussa un immense soupir de satisfaction, qui fut suivi d’un immense éclat de rire.

La tentative de Barbicane and Co avait échoué piteusement! Les formules de J.-T. Maston étaient bonnes à mettre au panier! La North Polar Practical Association n’avait plus qu’à se déclarer en faillite!