Une simple note parut dans le Temps du 17 octobre, et le journal de M. Hébrard rendit au Monde le service de le renseigner sur ce point si intéressant pour sa sécurité.
Cette note était ainsi conçue :
« On sait quel a été le résultat nul de l’entreprise qui avait pour but la création d’un nouvel axe. Cependant les calculs de J.-T. Maston, reposant sur des données justes, auraient produit les résultats cherchés, si, par suite d’une distraction inexplicable, ils n’eussent été entachés d’erreur dès le début.
« En effet, lorsque le célèbre secrétaire du Gun-Club a pris pour base la circonférence du sphéroïde terrestre, il l’a portée à quarante mille mètres au lieu de quarante mille kilomètres ce qui a faussé la solution du problème.
« D’où a pu venir une pareille erreur?… Qui a pu la causer?… Comment un aussi remarquable calculateur a-t-il pu la commettre?… On se perd en vaines conjectures.
« Ce qui est certain, c’est que le problème de la modification de l’axe terrestre étant correctement posé, il aurait dû être exactement résolu. Mais cet oubli de trois zéros a produit une erreur de douze zéros au résultat final.
« Ce n’est pas un canon un million de fois gros comme le canon de vingt-sept, ce serait un trillion de ces canons, lançant un trillion de projectiles de cent quatre-vingt mille tonnes, qu’il faudrait pour déplacer le Pôle de 23°28’, en admettant que la méli-mélonite eût la puissance expansive que lui attribue le capitaine Nicholl.
« En somme, l’unique coup, dans les conditions où il a été tiré au Kilimandjaro, n’a déplacé le pôle que de trois microns (3 millièmes de millimètre), et il n’a fait varier le niveau de la mer au maximum que de neuf millièmes de microns.
« Quant au projectile, nouvelle petite planète, il appartient désormais à notre système, où le retient l’attraction solaire.
« ALCIDE PIERDEUX »