Le lac apparaissait alors dans toute sa beauté matinale. Le soleil, à son lever, avait bu les vapeurs de la nuit. On n'aurait pu souhaiter une plus belle journée d'été.

— Vous n'êtes pas trop fatigué, mon brave Joël? demanda le professeur, dès qu'il fut descendu de la kariol.

— Non, monsieur Sylvius. Ne suis-je pas habitué à ces longues courses à travers le Telemark?

— C'est juste! Dites-moi, savez-vous quelle est la route la plus directe pour aller de Moel à Christiania?

— Parfaitement, monsieur Sylvius. Une fois arrivés à l'extrémité du lac, à Tinoset… Par exemple, je ne sais pas si nous y trouverons une kariol, faute d'avoir envoyé des «forbuds» pour prévenir de notre arrivée au relais, comme on fait d'habitude dans le pays…

— Soyez tranquille, mon garçon, répondit le professeur, j'ai prévu le cas. Mon intention n'est point de vous obliger à faire la route à pied de Dal à Christiania.

— S'il le fallait… dit Joël.

— Il ne le faudra pas. Revenons à notre itinéraire, et dites-moi comment vous le comprenez.

— Eh bien, une fois à Tinoset, monsieur Sylvius, nous contournerons le lac Fol, en passant par Vik et Bolkesjö, de manière à gagner Möse, et de là, Kongsberg, Hangsund et Drammen. Si nous voyageons de nuit comme de jour, il ne sera pas impossible d'arriver demain, dans l'après-midi, à Christiania.

— Très bien, Joël! Je vois que vous connaissez le pays, et voilà, en vérité, un agréable itinéraire.