Il était huit heures du soir, lorsque Sylvius Hog, le frère et la soeur arrivèrent dans cette petite localité.
On ne les y attendait pas; mais le fermier Helmboë ne leur en fit pas moins le meilleur accueil. Siegfrid embrassa tendrement son amie qu'elle trouva bien pâlie par tant de douleurs. Pendant quelques instants, les deux jeunes filles restèrent seules à échanger leurs peines.
— Je t'en prie, chère Hulda, dit Siegfrid, ne te laisse pas abattre par ton chagrin! Moi, je n'ai pas perdu confiance! Pourquoi renoncer à tout espoir de revoir notre pauvre Ole! Nous avons appris par les journaux qu'on s'occupait de retrouver le _Viken! _Les recherches réussiront!… Tiens! je suis sûre que monsieur Sylvius espère encore!… Hulda… ma chérie… je t'en supplie… ne désespère pas!
Pour toute réponse, Hulda ne pouvait que pleurer, et Siegfrid la pressait sur son coeur.
Ah! quelle joie eût régné dans la maison du fermier Helmboë, au milieu de ces braves gens, simples et bons, si tout ce petit monde avait eu le droit d'être heureux!
— Ainsi, vous allez directement à Christiania? demanda le fermier à Sylvius Hog.
— Oui, monsieur Helmboë!
— Pour assister au tirage de la loterie?
— Sans doute.
— À quoi bon, puisque le billet de Ole Kamp est maintenant entre les mains de ce misérable Sandgoïst!