— Est-ce que vous ne connaissez pas un certain monsieur
Sandgoïst, qui y demeure?…

— Monsieur Sandgoïst! répéta dame Hansen, dont la figure pâlit à ce nom. Oui… je le connais!

— Eh bien, quand monsieur Sandgoïst a su que je venais à Dal, il m'a prié de vous donner le bonjour de sa part.

— Et… rien de plus?…

— Rien, si ce n'est de vous dire qu'il viendrait probablement vous voir le mois prochain! — Bonne santé et bonsoir, dame Hansen!

V

Hulda, en effet, était très frappée de cette persistance de Ole à toujours lui parler dans ses lettres de cette fortune qu'il comptait trouver à son retour. Sur quoi le brave garçon fondait-il cette espérance? Hulda ne pouvait le deviner, et il lui tardait de le savoir. Qu'on excuse cette impatience si naturelle. Était-ce donc une vaine curiosité de sa part? Point. Ce secret la regardait bien un peu. Non qu'elle fût ambitieuse, l'honnête et simple fille, ni que ses visées d'avenir se fussent jamais haussées à ce qu'on appelle la richesse. L'affection de Ole lui suffisait, elle devait lui suffire toujours. Si la fortune venait, on l'accueillerait sans grande joie. Si elle ne venait pas, on s'en passerait sans grand déplaisir.

C'est précisément ce que se disaient Hulda et Joël, le lendemain du jour où la dernière lettre de Ole était arrivée à Dal. Là-dessus ils pensaient de la même façon — comme sur tout le reste, d'ailleurs.

Et alors Joël d'ajouter:

— Non! Cela n'est pas possible, petite soeur! Il faut que tu me caches quelque chose!