— Quand il aura plu à Dieu de nous ramener Ole, son fiancé! répondit Joël.
XI
Alors Joël raconta toute l'histoire de Ole Kamp. Sylvius Hog, très ému par ce récit, l'écoutait avec une profonde attention. Il savait tout maintenant. Il venait de lire la dernière lettre qui annonçait le retour de Ole, et Ole ne revenait pas! Quelles inquiétudes, quelles angoisses pour toute la famille Hansen!
«Et moi qui me croyais chez des gens heureux!» pensait-il.
Cependant, en y réfléchissant bien, il lui parut que le frère et la soeur se désespéraient, alors que l'on pouvait encore conserver quelque espoir. À force de compter ces jours de mai et de juin, leur imagination en exagérait le chiffre, comme si elle les eût comptés deux fois.
Le professeur voulut donc leur donner ses raisons — non des raisons de commande — mais très sérieuses, très plausibles, et discuter la valeur de ce retard du Viken.
Pourtant, sa physionomie était devenue grave. Le chagrin de Joël et de Hulda l'avait profondément impressionné.
— Écoutez-moi, mes enfants, leur dit-il. Asseyez-vous à mes côtés et causons.
— Eh! que pourrez-vous nous dire, monsieur Sylvius? répondit
Hulda, dont la douleur débordait.
— Je vous dirai ce qui me paraît juste, reprit le professeur, et le voici: je viens de réfléchir à tout ce que m'a raconté Joël. Eh bien, il me semble que votre inquiétude dépasse la mesure. Je ne voudrais pas vous donner des assurances illusoires, mais il importe que les choses soient remises à leur véritable point.