— Tout espoir.

— Mais, dites-moi, comment cette querelle a-t-elle pris naissance?

— Une discussion de jeu, un prétexte, pas autre chose. En fait, si Fabian ne connaissait pas ce Drake, ce Drake le connaissait. Le nom de Fabian est un remords pour lui, et il veut tuer ce nom avec l'homme qui le porte.

— Quels sont les témoins de Harry Drake? demandai-je.

— L'un, me répondit Corsican, est ce farceur…

— Le docteur T…?

— Précisément. L'autre est un Yankee que je ne connais pas.

— Quand doivent-ils venir vous trouver?

— Je les attends ici.» En effet, j'aperçus bientôt les deux témoins de Harry Drake qui se dirigeaient vers nous. Le docteur T… se rengorgeait. Il se croyait grandi de vingt coudées, sans doute parce qu'il représentait un coquin. Son compagnon, un autre commensal de Drake, était un de ces marchands éclectiques qui ont toujours à vendre quoi que ce soit que vous leur proposiez d'acheter. Le docteur T… prit la parole, après avoir salué emphatiquement, salut auquel le capitaine Corsican répondit à peine.

«Messieurs, dit le docteur T… d'un ton solennel, notre ami Drake, un gentleman dont tout le monde a pu apprécier le mérite et les manières, nous a envoyés vers vous pour traiter d'une affaire délicate. C'est-à-dire que le capitaine Fabian Mac Elwin, auquel nous nous étions d'abord adressés, vous a désignés tous les deux comme ses représentants dans cette affaire. Je pense donc que nous nous entendrons, comme il convient à des gens bien élevés, touchant les points délicats de notre mission.»